Dans quelle mesure l’économie walrasienne peut-elle considérée comme une utopie ?
Introduction……………………………………………………………………………………………….. 2
Partie 1 : Modèles Walrasiens et Concurrence Pure et Parfaite………………………. 3
Partie 2 : De la concurrence libre à l’Utopie Réaliste………………………………………. 4
Conclusion………………………………………………………………………………………………….. 6
Quelques Définitions…………………………………………………………………………………… 7
Bibliographie……………………………………………………………………………………………… 7
Introduction
Le terme d’utopie, inconnu du grec, a été forgé par Thomas More pour figurer dans le titre donné par lui à ce qui, de son propre aveu, ne devait être qu’une « bagatelle littéraire échappée presque à son insu de sa plume », c’est-à-dire ce petit libelle sur la « meilleure des Républiques » sise en la nouvelle île d’Utopie.[1] Ceci est l’origine du terme « Utopie ».
Une utopie peut-elle être réalisable ? Thomas More n’est pas le seul qui cherche une utopie. Le modèle de l’équilibre général de Walras est caractérisé par William Jaffé comme une utopie réaliste dans son ouvrage « William Jaffé’s Essays on Walras »(William Jaffé and Donald Anthony Walker, 1983).
L’utopie se traduit, dans les écrits, par un régime politique idéal (qui gouvernerait parfaitement les hommes), une société parfaite (sans injustice par exemple, comme la Gallipoli de Socrate) ou encore une communauté d’individus vivant heureux et en harmonie (l’abbaye de Thélème, dans Gargantua, de Rabelais, en 1534).[2]
Pourquoi William Jaffé et même Antoine Rebeyrol considèrent que Walras a une utopie réformatrice de base(Antoine Rebeyrol, 1999) ?
En fait, avec l’extension du théorème l’équilibre général de Walras, en ajoutant des hypothèses idéales, nous pouvons atteindre un équilibre parfait. Ces hypothèses sont la concurrence pure et parfaite, des biens publics, la propriété des terres et l’abolition de taxe. Ces hypothèses construisent un monde idéal « utopie ». Nous allons discuter dans un premier lieu la concurrence pure et parfaite et examiner cet idéal qui peut envisager une utopie chez Walras. Ensuite, nous nous concentrons sur les problèmes sur la concurrence libre et le rôle interventionniste nécessaire de l’Etat, et aussi sur le fait de la propriété collective des terres, l’abolition de l’impôt.
Partie 1 : Modèles Walrasiens et Concurrence Pure et Parfaite
La théorie de Walras de l’équilibre économique général a été reconnue par de nombreux auteurs pour son architecture et sa monumentalité. La plupart de ces auteurs ont utilisé et développé la théorie à leurs propres fins, en ignorant l’objectif initial pour lequel Walras a lui-même conçu. Dès le début de sa carrière Walras visant à contribuer à la réalisation d’un «idéal social». L’économie walrasienne et notamment ses modèles d’équilibre économique général ont été ses instruments d’indiquer à cet idéal et d’analyser ses caractéristiques. Nous allons discuter cet idéal dans notre première partie.
Selon Walras : « les marchés les mieux organisés sous le rapport de la concurrence sont ceux où les ventes et achats se font à la criée, par l’intermédiaire d’agents tels qu’agents de change, courtiers de commerce, crieurs, qui les centralisent, de telle sorte qu’aucun échange n’ait lieu sans que les conditions en soient annoncées et connues et sans que les vendeurs puissent aller au rabais et les acheteurs à l’enchère. Ainsi fonctionnent les bourses de fonds publics, les bourses de commerce, les marchés aux grains, au poisson, etc. »[3](Léon Walras, 1926). En ayant observé la bourse de paris, Walras raisonne que « Que faut-il donc prouver pour établir que la solution théorique et la solution du marché sont identiques ? Tout simplement que la hausse et la baisse sont un mode de résolution par tâtonnement du système des équations d’égalité de l’offre et de la demande »[4](Léon Walras, 1926).
Il n’est donc pas surprenant que dans le modèle de Walras « achats » et « vente » sont ouvertement faits en enchères. Les « transactions » sont réalisées par des crieurs, et les vendeurs et les acheteurs adaptent leurs offres et demandes dans le processus de tâtonnement. À cet égard, les modèles de Walras ne sont pas seulement ressemblants au mécanisme de change réel à une bourse de valeurs, mais sont, en effet, sur les modèles Walrasiens pour tenir compte de ce mécanisme.
En effet, Walras a examiné le mécanisme d’échange d’actions comme une catégorie de transactions qui ont lieu sous un régime de concurrence libre. En tant tel que, le mécanisme de change à la bourse est devenue un type général de processus d’échange qui peut être applicable dans un contexte plus général. Dans la terminologie de Walras de ce type de processus d’échange est un concept de «types réels» de l’échange.
Les modèles sont considérés comme génériques et donc pas un reflet simplifiée de la réalité, mais plutôt le reflet de la nature de la réalité. Dans cette optique, Walras peut parler d’essences et en général les lois, à savoir «ensemble de relations nécessaires qui découlent de la nature des choses»(G. Berthoud A, 1988). « La réalité ne confirme qu’approximativement les définitions et démonstrations ; mais elle en permet une très riche application » [5](Léon Walras, 1926). Selon cet argument, les modèles de Walras ne décrivent pas la réalité même, mais sont basés sur les caractéristiques communes des différentes modalités de la réalité.
Ces concepts de type réel (observations de l’expérience) sont considérés comme des blocs de construction à partir desquelles les modèles sont construits. En théorie, cependant, ces concepts réels sont convertis en type abstrait des concepts idéaux. Les concepts semblent perdre le contact avec les détails de la réalité même si elles permettent. Selon Walras, le raisonnement est plus profond : « Pour observer cette méthode, l’économie politique pure doit emprunter à l’expérience des types d’échange, d’offre, de demande, de marché, de capitaux, de revenus, de services producteurs, de produits. De ces types réels, elle doit abstraire, par définition des types idéaux, et raisonner sur ces derniers, pour ne revenir à la réalité que la science une fois faite et en vue des applications. Nous aurons ainsi, sur un marché idéal, des prix idéaux qui seront dans un rapport rigoureux avec une demande et une offre idéales »[6](Léon Walras, 1926).
En examinant les processus d’échange dans la circonstance de la concurrence libre, Walras a cru qu’il était capable de découvrir l’un des mécanismes essentiels de la société. Imposés par un régime de concurrence libre, alors, les agents économiques sont motivés par la considération de la liberté individuelle sous contraintes sociales. Donc nous pouvons atteindre une situation optimale, en termes d’auto-intérêts et en termes de justice sociale. La description d’un modèle de type idéal du processus d’échange pourrait donc servir de base pour décrire une société idéale. Il est à cet égard que Jaffé se référait à «une utopie réaliste» : « The Elément(Léon Walras, 1926) was intended to be and is, in all but the name, a realistic utopia, i.e. a delineation of a state of affairs nowhere to be found in the actual world, independent of time and place, ideally perfect in certain aspects, and yet composed of realistic psychological and material ingredients »(William Jaffé and Donald Anthony Walker, 1983).
Partie 2 : De la concurrence libre à l’Utopie Réaliste
A propos de la concurrence pure et parfaite, Walras suppose explicitement que c’est possible que sous ce régime nous puissions procurer un maximum d’utilité relative. Il a cru qu’il pourrait être conclu que « avec certaine extension, le mécanisme économique naturel est un mécanisme d’auto interaction et d’autorégulation». Bien que cette implication n’a pas été prouvée par Walras, il a amené à conclure qu’aucune autre forme d’intervention de l’Etat ne serait nécessaire dans le cas de la concurrence libre que celles des mesures qui garantissent son fonctionnement sans entrave.
Il y a trois problèmes qui ne sont pas faisables dans la zone de la concurrence libre. La première est les biens publics qui ne peuvent pas être évaluées en termes de besoins individuels, mais en terme de besoins publiques. Et la deuxième concerne les produits de l’industrie privée dans laquelle l’état de l’égalité entre les prix de vente et le coût de production ne serait pas applicable en vertu d’une politique de stricte « laisser-faire ». La dernière est la justice. Walras a présenté ses trois idées dans son ouvrage : « … le principe de la concurrence libre, applicable à la production des choses d’intérêt privé, ne l’est plus à la production des choses d’intérêt public. … Le principe de la concurrence libre n’est pas non plus nécessairement applicable à la production des choses qui sont l’objet d’un monopole naturel et nécessaire. … Notre démonstration de la concurrence libre, en mettant en évidence la question d’utilité, laisse entièrement de côté la question de justice ; car elle se borne à faire sortir une certaine distribution des produits d’une certaine répartition des services, et la question de cette répartition reste entière »[7](Léon Walras, 1926).
L’intervention de l’Etat est nécessaire pour assurer une concurrence pure et parfaite, car une politique de laisser-faire, c’est à dire en laissant les questions économiques aux décisions des individus, pourrait très bien conduire à une détérioration de la concurrence libre et donner lieu à une situation de monopole. Pour mettre en place un système de marché optimal, Walras a conclu que pour maintenir la concurrence libre, il faudrait un cadre de règles. Dans ce cadre, des règles des agents économiques interagissent dans la «liberté relative». En outre, dans ces situations où la concurrence libre n’existait pas Walras a suggéré d’instituer, au moyen d’un ensemble de règles, un système de marché avec des résultats comparables à ceux de la concurrence libre. En ce sens, il a étendu la notion de concurrence libre à la concurrence libre réglementée. L’institution de ce cadre de règles a été attribuée par Walras à la collectivité ou l’État. Ainsi, au lieu d’une politique de laisser-faire, la concurrence libre dans les travaux de Walras implique une participation active de l’État : « Instaurer et maintenir la concurrence libre dans l’économie dans une société est une question de législation, une législation très complexe, appartenant à l’Etat »[8](J. van Daal and Albert Jolink, 1993, Léon Walras, 1936).
Auprès de Walras (Léon Walras and Gaston Leduc, 1896), le concept de loi naturelle a été effectué par l’allocation de capital, la terre, le capital humain et les biens d’équipement approprié, à des propriétaires potentiels, les individus et l’État. Walras pense que les individus devraient être les «naturels» propriétaires de leur propre capital humain. En même temps, la communauté est le «naturel» propriétaire de la terre, c’est à dire l’Etat doit être le propriétaire de son territoire national. Car les biens d’équipement adéquat sont « artificielles » des capitaux constitués par des terres, le capital humain ou les deux, Walras a fait valoir que les biens d’équipement adéquat doivent être la propriété de ceux qui l’a produite. Cette répartition du capital à des particuliers ou l’État est clairement une classification arbitraire basée sur des croyances simples de ce qui est «naturel».
Néanmoins, Walras impose une grande importance à cette stricte répartition des biens qui non seulement implique la nationalisation des terres par l’Etat mais également la suppression des taxes. Nous reprenons la phrase de (Antoine Rebeyrol, 1999) : « Walras a donc une utopie réformatrice de base, une sorte de socialisme agraire mettant en son centre la propriété collective des terres ». L’idée est simple que l’Etat détienne la propriété des terres et loue ces terres sur le marché. La rente historiquement croissante permet la résolution du problème de l’impôt « par sa suppression ». Dans ce type d’économie, l’Etat obtiendrait un revenu à travers les déchirures de la terre au lieu de taxer le travail des individus ou des capitaux. D’autre part, l’individu serait d’obtenir un revenu grâce à son propre travail et ne devrait pas compter sur l’Etat de revenus supplémentaires(G. Berthoud A, 1988). Ainsi, Walras croyait qu’il avait créé une situation d’égalité à travers l’échange initial qui reviendrait à récompenser chacun en proportion de ses efforts.
La concurrence libre, à cet égard, était une condition nécessaire, mais pas une condition suffisante, pour garantir la justice(J. van Daal and Albert Jolink, 1993). La justice ne peut être réalisé en vue Walras grâce à une organisation différente de la société. À cet égard, que l’État pourrait poursuivre ces changements en achetant les terres des particuliers et en abolissant des taxes. Comme une telle politique de laisser-faire, c’est à dire sans la participation active de l’État dans les affaires économiques, a été sous optimal, non seulement en termes de bien-être, mais aussi en termes de justice.
Conclusion
Nous avons vu que l’économie walrasienne est considérée comme une utopie en ajoutant certaines hypothèses pour assurer la concurrence libre. Ceci est le noyau des théorie walrasienne et même néo-classique. En reprenant la citation : « Ces hypothèses sont les conditions du marché autres que la concurrence parfaitement libre, des biens publics, la propriété des terres et la suppression de l’imposition »(J. van Daal and Albert Jolink, 1993).
«L’utopie réaliste»(William Jaffé and Donald Anthony Walker, 1983) de Walras était fondée sur l’idée que la théorie formulée les conditions d’une société abstraite et idéale fondée sur les lieux réels. Bien que les conditions ont été formulées en termes abstraits cela n’implique pas que la société idéale ne pourrait jamais être atteint. En effet, Walras a cru que ses arguments scientifiques pourraient convaincre les politiciens qui pourraient introduire la délimitation de la nouvelle société. Les agents économiques ensuite convergent vers « la situation de nouvel équilibre » volontairement. C’est ce que nous appellerons « la situation générale de l’équilibre général économique » de Walras(G. Berthoud A, 1988).
Quelques Définitions
Le marché est dit de « concurrence pure et parfaite » quand, de surcroît, cinq conditions sont réunies. En premier lieu, on suppose la présence d’un nombre de vendeurs et d’acheteurs tel qu’aucun d’eux n’est en mesure d’influencer le prix du bien par ses propres décisions. En second lieu, la qualité du bien est supposée homogène de sorte que les candidats acheteurs se détermineront en comparant uniquement les prix proposés par les concurrents. Le marché est parfait si, de plus, les offreurs maîtrisent avec une égale compétence la meilleure technique de production du moment, et si, informés des prix des différents biens sur leurs marchés respectifs, ils jouissent d’une totale liberté d’entrée et de sortie sur ces différents marchés. Quand ces conditions sont réunies et que, enfin, les échanges se font dans la plus totale transparence, la concurrence parfaite dégage un ensemble de propriétés remarquables.[9]
« Utopie », selon Thomas More, signifie « nulle part » : un lieu qui n’est dans aucun lieu ; une présence absente, une réalité irréelle, un ailleurs nostalgique, une altérité sans identification. À ce nom s’attache une série de paradoxes : Amaurote, la capitale de l’île, est une ville fantôme ; son fleuve, Anhydris, un fleuve sans eau ; son chef, Ademus, un prince sans peuple ; ses habitants, les Alaopolites, des citoyens sans cité et leurs voisins, les Achoréens, des habitants sans pays. Cette prestidigitation philologique a pour dessein avoué d’annoncer la plausibilité d’un monde à l’envers et pour dessein latent de dénoncer la légitimité d’un monde soi-disant à l’endroit.[10]
Bibliographie
Berthoud A, G. 1988. “Economie Politique Et Morale Chez Walras in Histoire De La Pensée Économique No 9,” Paris, FRANCE: Presses de l’ISMEA, 65-93.
Daal, J. van and Albert Jolink. 1993. The Equilibrium Economics of Léon Walras. London ; New York: Routledge.
Jaffé, William and Donald Anthony Walker. 1983. William Jaffé’s Essays on Walras.
Rebeyrol, Antoine. 1999. La Pensée Économique De Walras. Paris: Dunod.
Walras, Léon. 1926. Eléments D’économie Politique Pure Ou Théorie De La Richesse Sociale. Paris: Librairie générale de droit et de jurisprudence R. Pichon et R. Durand-Auzias.
____. 1936. Études D’économie Politique Appliquée: (Théorie De La Production De La ….
Walras, Léon and Gaston Leduc. 1896. Études D’économie Sociale (Théorie De La Répartition De La Richesse Sociale).
[1] http://www.universalis-edu.com.domino-ip2.univ-paris1.fr/encyclopedie/utopie/
[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Utopie
[3] Section 41
[4] Section 125
[5] Section 30
[6] Section 30
[7] Section 223
[8] Page 268
[9] http://www.universalis-edu.com.domino-ip2.univ-paris1.fr/encyclopedie/concurrence/#4
[10] http://www.universalis-edu.com.domino-ip2.univ-paris1.fr/encyclopedie/utopie/
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